Accès à la connaissance
La bataille fait rage pour savoir si les internautes pourront, ou non, télécharger librement des oeuvres de l'esprit, en principe protégés par les règles de la propriété intellectuelle.
Les arguments ne manquent pas pour affirmer que le libre accès, et la reproduction d'oeuvres intellectuelles, nuirait à la création elle-même, puisqu'elle ne permettait pas à leur auteur d'être légitimement rémunérés.
Cette craine est parfaitement fondée, en ce qui concerne les créateurs "professionnels".
Mais en réalité, qui sont les créateurs ?
Avant tout, des passionnés, des inspirés, dont les idées sont souvent pillées et exploitées à des fins purement commerciales, par des lobbies extrèmement puissants n'ayant d'autre but que d'en tirer un maximum de profits... pourquoi pas...
Le problème est que ces puissances économiques ne "montrent" que ce qui se vend, et téléguident les "acheteurs" dans leurs choix, et occultent tout ce qui n'a pas d'intérêt "commercial", nuisant à la diversité, et à la création elle-même.
Il en résulte que 99% de la création et des créateurs sont inconnus du public, qui dispose actuellement du formidable outil d'Internet pour puiser dans cet immense réservoir
de connaissance et de culture, ce qui représente un danger pour les éditeurs professionnels, dont une partie de la clientèle risque de se détourner de leurs produits formatés au profit de la création "libre".
On constate depuis l'apparition d'Internet une mévente sur certains produits d'accès à la connaissance (encyclopédie, oeuvres classiques...), dans la mesure où celle-ci est accessible librement et gratuitement sur la toile.
Peut-on réglementer cet accès à la connaissance ? Celle-ci ne fait-elle pas partie du patrimoine commun de l'humanité, et à ce titre insusceptible d'appropriation exclusive, au même titre que les corps célestes ou l'Antartique ?
Malgré les spasmes "juridiques" d'une société en cours de transformation, on peut penser que cet accès à la connaissance et à la culture fait partie des droits et des libertés fondamentaux de l'individu.
De plus, cette culture doit être le résultat spontané du travail et de la recherche personnelle des milliards d'individus qui peuplent la planète, et à ce titre non susceptible d'appropriation par une minorité, pour des raisons qui sont actuellement mercantiles, mais pourraient rapidement devenir politiques...
Enfin, seule la liberté et la diversité de la culture peut garantir son développement et son épanouissement et éviter une pensée unique qui résulterait inévitablement d'une réglementation.