Réflexions sur l'attitude et les réactions du public face aux risques

mardi, février 28, 2006

Arnaque, quand tu nous tiens ...

Alors que, cinq ans à peine après sa sortie, le logiciel d'exploitation distribué par un grand éditeur n'est pas encore maîtrisé sur l'ensemble du parc des PC, son promoteur annonce sa disparition et son remplacement prochain par son nouveau système d'exploitation.

Soit disant plus simple, plus convivial, avec des fonctions toujours plus inutiles, mais encore plus cher.

Mais, surtout, absolument indispensable pour faire "tourner" tous les ordinateurs de la planète ...

Et le joyeux peuple de s'esbaudir à l'idée de se faire rançonner à nouveau par le seul, monopolistique et tout puissant fournisseur de logiciel, qui, moyennant une somme équivalente à près la moitié de la valeur de son ordinateur lui consentira, royalement, le droit de le faire fonctionner... pendant un certain temps !

Ce scandale est encore plus vrai en France, où ce type de logiciel est tout à fait hors de prix (pouvant aller jusqu'à 450 Euros pour un certain logiciel d'exploitation dit, professionnel)

Et personne ne râle. Tout le monde trouve tout à fait normal de ne disposer que d'un droit d'utilisation temporaire, utilisable sur un seul ordinateur, et, au mieux, lié à la durée de vie de l'ordinateur.

C'est un peu comme si le propriétaire d'une voiture, devait payer en plus de son achat, le droit de la faire fonctionner.

Ce qui est étonnant est le profond silence des associations de consommateurs, qui, en face de l'arnaque la plus criante du XXIe siècle, préfèrent traquer les producteurs de denrées les plus diverses, plutôt que de dénoncer les clauses manifestement abusives figurant dans les contrats de licence, lesquelles confèrent des avantages manifestement excessifs à une entreprise qui abuse, sans raison valable, de sa position économique dominante, en réussissant la prouesse d'obtenir la bénédiction de ses clients.

En effet, l'article 3 de la Directive 93/13/C.E.E. du Conseil du 21 Avril 1993 donne la définition des clauses abusives suivante :

Une clause d'un contrat n'ayant pas fait l'objet d'une négociation individuelle est considérée comme abusive lorsque, en dépit de l'exigence de bonne foi, elle crée au détriment du consommateur un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties découlant du contrat.

On attend avec impatience qu'enfin un Juge d'Instance ou de Proximité, Juge naturel du Consommateur, ait le courage de déclarer nulles un certain nombre de clauses qui interdisent à l'acquéreur d'un logiciel le droit de l'utiliser librement en pleine propriété.

Mais, il faudrait pour cela, que les consommateurs prennent conscience du ridicule de leur assujetissement.

Outreau, c'est trop

C'est pas moi, dit le Juge d'Instruction,
Je n'ai fait qu'appliquer la loi, en conformité avec les textes.
Les faits commis sur les enfants étaient très graves, il fallait utiliser tous les moyens pour faire avouer les coupables potentiels.
D'ailleurs, j'ai été couvert par les autres formations d'instruction.
Ce n'était pas à moi de juger.

C'est pas moi, dit le Juge des Libertés et de la Détention,
Le Juge d'Instruction faisait bien son boulot, rien n'apparaissait anormal dans le dossier.
Les agissements étaient très graves. La culpabilité des prévenus vraisemblable.
Il fallait prévenir tout trouble à l'ordre public.
Le doute jouait contre les prvenus, car j'ai trop souvent l'habitude d'entendre les coupables clamer leur innocence.

C'est pas moi, dit la Chambre de l'Instruction,
Le dossier d'instruction paraissait bien fait.
Il aurait été inconcevable de libérer des coupables potentiels de faits aussi graves, l'opinion publique ne l'aurait pas compris.
On ne pouvait aller plus au fond des choses, faute de temps et de moyens.

C'est pas moi, dit le Procureur de la République,
Je fais mon boulot.
Je dois protéger les victimes, notamment les enfants, et réprimer à tout prix des agissements aussi graves.
Je m'inscris dans la politique sécuriaire, constamment renforcée par le Législateur, et voulue par le Public.
C'e n'est pas à moi de juger.

C'est pas moi, dit le Procureur Général,
Mes Parquetiers sont des gens compétents, dont la mission essentielle est la protection des enfants victimes d'aussi sordides agissements.

C'est pas moi, dit la première Cour d'Assises,
Les jurés sont souverains.
D'ailleurs, ils ont acquittés plusieurs des accusés.

C'est pas moi, dit la deuxième Cour d'Assises,
D'ailleurs, j'ai acquitté tous les accusés innocents

C'est pas moi, dit l'Avocat,
J'ai fait tout ce que je pouvais pour tenter de faire démontrer l'innocence de mon client.
J'ai saisi le JLD et la Chambre de l'Instruction à plusieurs reprises.
Mais, au fond de moi, étais je aussi sûr de cette innocence ?

C'est pas moi, dit la Presse,
J'ai le devoir d'informer, quel qu'en soit le prix pour les innocents.
J'ai le droit de juger, de condamner, de m'offusquer et de donner des leçons, au nom de la Liberté de la Presse.
Je dois répondre à l'attente du public, qui est friand de sensationnel, et qui exige que les coupables potentiels soient montrés du doigt, peu importe qu'ils soient innocents

C'est pas moi, dit le Public,
J'ai le droit de savoir, même des non vérités.
J'exige que les coupables, même potentiels, soient chatiés.
Je ne tolère pas que de des crimes demeurent impunis.
Il en va de ma tranquillité.

C'est pas moi, dit le Législateur,
Dormez, braves gens !

Chikungunya

Une épidémie due à un virus africain se propage sur l'Ile de la Réunion.

Il est reproché aux pouvoirs publics, leur inaction, puis leur lenteur à éradiquer les moustiques de l'Ile.

"Une fois de plus, la Métropole néglige ses populations d'Outre mer !" se plaignent les opposants politiques.

Grippe aviaire

Une nouvelle épizootie, se traduisant par des symptômes grippaux mortels, est susceptible de se transmettre à l'homme du fait d'une modification génétique du virus.

Des cas d'oiseaux migrateurs ont été signalés dans les Dombes, célèbres pour ses étanges et ses populations d'oiseaux, à deux pas de la Bresse, région d'élevage de poulets.

Chcaun se préoccupe de son stock de Tamiflu, en espérant que le virus ne franchira pas les frontières.

A part des mesures de confinement des élevages, il n'y a rien d'autre à faire que d'attendre l'éloignement de la menace.